Ce petit galet a peut-être des milliers d’années. Il doit bien avoir une petite idée sur l’éternité. Il dure, peu importe les intempéries, des civilisations passent, pas lui. Il est une incarnation de la matière qui dure. La mort essaie de lui faire concurrence avec ses os, mais c’est le caillou qui gagne toujours. Il reflète le simple bonheur d’être là, en tout abandon. Son silence rejoint celui du défunt. Parce que l’allégorie est belle, j’irai déposer un caillou sur la tombe de mes parents. J’apporterai aussi des fleurs, question de ne pas les dépayser. Mais encore, pourquoi pas des bonbons, « parce que les bonbons, c’est tellement bon ».